SUD-KIVU : « J’ai choisi d’être démobilisé en voyant la tristesse de la vie du militaire congolais », Confie l’un des démobilisés abandonnés à la maison communale de Bagira

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Alors qu’ils mènent une vie difficile, « oubliés du gouvernement congolais » et sans ressources, l’un des démobilisés qui croupissent dans la misère à la maison communale de Bagira, dans la ville de Bukavu, confie à votre rédaction les motivations qui l’ont poussé de demander la démobilisation. Gondo Pana Bernard, l’un de ces démobilisés, originaire de la province de l’Equateur, nous a reçus dans un entretien.


PAMOJARDCONGO : Monsieur Bernard, depuis quand avez-vous commencé le service militaire et qu’est-ce qui vous a motivé à joindre l’armée ?

BERNARD : J’ai commencé l’armé en 1986, j’y ai fait 22 ans. C’est en voyant comment l’armée de la deuxième république a été constituée à cette époque. Surtout avec la base militaire qui forme les militaires à l’Equateur. Le sang des équatoriens c’est l’armée. C’est cela qui explique mon entrée dans l’armée.


PAMOJARDCONGO : Combien de temps avez-vous passé dans l’armée et qu’est-ce qui vous a emmené à opter pour votre démobilisation ?

BERNARD : Après 22 ans de service militaire en RDC, j’ai choisi d’être démobilisé en voyant la tristesse de la vie du militaire congolais. En voyant la vie que mène le soldat congolais, vous n’avez pas impression que c’est encore de l’armée qu’il s’agit. Les soldats souffrent, ils mendient les populations civiles, les soldats meurent sans suivi ni soutien. L’Etat a juste besoin de nous quand nous avons une force active. Mais lorsque vous devenez inapte il vous abandonne. Et dans ces conditions, vous vous retrouvez dans une province qui n’est pas la vôtre, vous souffrez, vous mourez et tout se passe comme si de rien n’était. J’ai ainsi réalisé que cela n’avait jamais été mon domaine. Et c’est pourquoi j’ai voulu devenir civil pour recouvrer ma liberté et mon indépendance.


PAMOJARDCONGO : Aviez-vous aimé en un certain moment le service militaire ?


BERNARD : Oui, je l’ai admiré.


PAMOJARDCONGO : Quelle expérience avez-vous gardé de ces 22 ans et dont vous pouvez être fier aujourd’hui?


BERNARD : Je n’ai pas expérimenté beaucoup de moments de joie puisque mon entrée dans l’armée va avec la guerre d’AFDL. Cette guerre avait connu beaucoup de retombées négatives surtout avec des morts innombrables. Cela ne me motivait pas positivement. Je n’avais jamais été fier d’être militaire. J’ai expérimenté beaucoup de souffrance dans l’armée, c’est vraiment beaucoup pour toi, tu ne sauras pas le comprendre vite.


(A suivre dans un prochain article)


Rédaction Pamoja

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