RDC : L’ANNEE BLANCHE, UN ANTAGONISME NARCISSIQUE ENTRE LES PARTENAIRES EDUCATIFS

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Dans sa prérogative de protéger, de respecter et de réaliser les droits humains, l’Etat doit contribuer à la performance des élites d’aujourd’hui et de demain, en assurant parfaitement l’éducation des jeunes. Les élèves de l’année scolaire 2019-2020 en RDC sont victimes des promesses politiques et des aléas planétaires de COVID-19. Depuis l’accession de Felix TSHISEKEDI TSHILOMBO à la tête de l’Etat, la gratuité de l’enseignement de Base est l’une de ses priorités. Sur le champ, de vives voix se lèvent pour discuter les conséquences liées à ladite gratuité. L’on assiste dès le départ à des grèves des enseignants. S’en suit la crise sanitaire liée à la Covid-19 qui pousse le Chef de l’Etat à décréter une suite de prorogation de l’état d’urgence.  Les retombées de ces événements ont pour la plupart concerné les élèves qui ont subi les grèves des enseignants et la fermeture des écoles pour cause de Covid-19. Cela pose des questions de performance du niveau intellectuel des apprenants pour décider de la prolongation de l’année scolaire, déjà biaisée, ou de la proclamation d’une année caduc en vue de reprendre une nouvelle année scolaire.

Une altercation est demeurante entre les partenaires éducatifs au sujet de la prorogation de l’année scolaire 2019-2020 ou tout simplement de la décrétassions automatique de l’année blanche.

Un Inspecteur de l’EPSP rencontré par la rédaction de pamojardcongo.net ayant requis l’anonymat, affirme que la prorogation de l’année scolaire serait possible si on appliquait un système de recyclage comme on avait fait à l’époque du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, il y a une vingtaine d’année.

« Pour sauver cette année scolaire, nous pouvons faire le recyclage des élèves qui consiste à enseigner les leçons de la classe inferieure dans une classe supérieur, dans le but de rattraper le niveau des élèves ayant passé la classe et après, continuer avec le programme de la classe supérieure. Nous nous sommes inspirés de la situation de l’époque du RCD où les enseignements ont été perturbés à cause de la guerre qui a caractérisée la RDC. Il y avait beaucoup d’interruption mais l’année scolaire avait été prorogée normalement et sans difficulté. Pour moi, l’année blanche est un danger car quelques soient les différents débrayages scolaires que les enseignants catholiques et protestants ont fait pour réclamer à l’Etat leurs salaires, les élèves ont déjà assimilé une connaissance considérable se rapportant à leur niveau scientifique, » affirme notre source.

Par ailleurs, certains enseignants contactés par notre rédaction prennent à cœur le souci de poursuivre la formation des élèves malgré la difficulté d’achever le programme établi.

« Nous, enseignants mécanisés, nous sommes prêts à dépenser notre énergie en vue de former et informer cette jeunesse, bien que nous allons nous heurter à un problème sérieux d’achever les programmes dans le délai de grâce qui nous est accordés par le premier citoyen de la RDC…. » Affirme notre source

Par contre, certains enseignants non mécanisés se disent qu’il serait non raisonnable de reprendre les chemins de l’école car « ventre vide n’a point d’oreille ».

«  Le rétablissement des activités scolaire est une illusion du bonheur dans le chef de l’Etat congolais. Gloire à Dieux, la pandémie de Covid-19 aurait joué au bénéfice des autorités publiques, si non, l’année blanche était déjà déclenché car nous sommes fatigués avec des promesses larronne des leaders politique de notre pays. Ventre vide n’a pas d’oreille et reste toujours immobile… En tant que scientifique, je suis appelé à faire des travaux inappropriés à ma qualité comme : domestique, bar, restaurant, marchand ambulant, vente des journaux,… Notre pays a craché sur les diplômes qu’il nous a donné moyennant un sacrifice de nos parents, » s’indigne un enseignant.

Certains élèves finalistes entérinent de rentrer au cours tout en demandant aux autorités politico-administratives, y compris les membres du jury de l’examen d’Etat, de prendre en considération le temps et les matières étudiées avant de composer l’Examen d’Etat.

« Par rapport aux différentes perturbations de cette année scolaire 2019-2020, je peux dire que si une fois l’Etat entérine la rentrée de classe, c’est pour éviter l’année blanche. Je me demande si tout le monde sera en mesure de capter la matière de manière accélérée dans le but de se rattraper le plus vite possible et d’assimiler avec zèle et assiduité la matière…, Il serait mieux que l’Examen d’Etat de cette année soit composé à notre niveau car même les inspecteur de l’enseignement sont conscient que nous n’avions pas terminé tout le programme, » estime un élève rencontré par notre rédaction.

Pour d’autres élèves le pays va mal.  Rien ne sert à courir aux intérêts égocentriques en sacrifiant la performance des élèves. Ils demandent à l’Etat congolais d’avoir le courage de proclamer une année blanche puisque quelques semaines nous séparent du début de la nouvelle année scolaire.

« Le pays va mal, notre gouvernement est en pleine dormance à cause de ses intérêts privés. Nous sommes fatigués par ces théâtres qui caractérisent notre pays, nous sommes conscients que les grèves des enseignants catholico-protestants et coronavirus ont perturbé le noble projet du chef de l’Etat relatif à la gratuité de l’enseignement de base… Pour nous, la prorogation de l’année scolaire est un sacrifice scientifique à notre défaveur… Que notre Etat ait le courage sportif de proclamer cette année blanche car quelques jours nous sépare de l’année scolaire 2020-2021, » déplore notre source.

Certains parents s’accordent pour une possible année blanche et appelent l’Etat congolais à prioriser le niveau de performance intellectuel qui reste à désirer dans le chef des élèves. Tout cela suite aux irrégularités caractérisées par cette année scolaire.

« À mon avis, il faut que cette année soit proclamée blanche. Nous sommes surs que les enfants connaissent une insuffisance dans la mesure où,  si on donne un repos prolongé à l’enfant, l’élève arrive au niveau où il oublie les matières apprises… L’enseignement au niveau de l’école primaire et secondaire s’arrête au mois de mai et début juin, de juin au septembre, les enfants n’ont pas le courage d’aller au cours ; ce qui demanderait une gymnastique psychologique couteuse pour que les enfants acceptent de rentrer au cours ce mois d’aout 2020… Avec les grèves et Covid-19, la performance des élèves a été affaiblie. La gratuité est plus favorable aux parents longtemps victime de la prime mais moins favorable aux élèves du point de vue performance… » Selon l’indignation de certains parents.

Dans le but de garantir les principes de protection des droits de l’enfant tel que consacré dans la législation nationale, régionale et internationale ; Il plaira à l’Etat congolais de prendre en considération les avis des uns et des autres en vue de discerner sur l’avenir scientifique de ses citoyens.

Christian CIZUNGU

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