Sud-Kivu : Quand la justice populaire devient monnaie courante (Analyse)

image credit
173 Views

La personne humaine est sacrée. L’Etat a l’obligation de la respecter et de la protéger. Nul ne peut être tenu en esclavage dans une condition analogue. Nul ne peut être soumis à un traitement cruel, inhumain ou dégradant. Nul ne peut être astreint à un travail forcé ou obligatoire. La République Démocratique du Congo en général et la province du Sud-Kivu en particulier, n’est pas débusquée de cette violation de Droits Humains. Plusieurs contingences de justice populaire ont été enregistrées depuis le début de cette année à Bukavu et dans différents territoires de la province du Sud-Kivu. Les victimes sont la plus part de fois des jeunes impécunieux accusés du vol, des personnes accusées de sorcellerie, des enfants et des souffre-douleurs de conflits bipolaire.

Raphael Bidubula, juriste de formation et Président de l’association sans but lucratif, dénommée Vision des Jeunes Unies pour le Développement, estime que les cas de justice populaire s’accentuent non seulement par la volonté de l’Etat Congolais mais aussi par l’entremise de la population  qui ne cesse de relâcher une pratique sauvage.

« Pour parler de la cause de recrudescence de  la justice populaire au Sud-Kivu, il sied de dire que la responsabilité est partagée entre l’Etat Congolais d’une part, et la population d’autres part. En lisant l’Etat congolais sur base de ses dispositions légales et règlementaires, nous pouvons dire que nous sommes dans un Etat où les droits humains sont au cœur des activités quotidiennes. Toutefois, la violation de droit de l’homme est devenue un sport national, l’Etat fait défaut de ses obligations de respecter, de protéger et réaliser les droits humains, » souligne Monsieur Raphael Bidubula.

Dans le même angle d’idée, notre source pointe que cette pratique procèderait d’une considération traditionnelle pour la population. Ce qui signifierait que l’absence d’une éducation populaire reste permanente.

« En plus, la population ne cesse aussi d’abandonner ses pratiques traditionnelles illégales. Généralement, les cas de justice populaire sont enregistrés dans les milieux où la population vit encore des pratiques traditionnelles et où il y a un faible accès à l’éducation scolaire ; » renchérit-il.

Pour cela, Raphael Bidubula lance la sonnette d’alarme pour que les autorités prennent des mesures idoines pour barrer la route à ce fléau  qui ronge fièrement le peuple congolais.

  « Nous invitons les autorités politico-administrative de prendre des mesures urgentes enfin de barrer la route à la croissance de cette pratique illégale et de renforcer les mesures nécessaires pour protéger les citoyens et leurs biens par une forte vulgarisation des textes légaux en matière de protection de droits Humains, surtout dans les milieux reculés des provinces, » demande Monsieur Raphael Bidubula.

Par ailleurs Innocent Mastaki, enseignant à l’école primaire Bulenga et leader local de quartier Cikera en Commune de Bagira s’indigne que l’Etat congolais se comporte plusieurs fois en spectateur face à ces cas de justice populaire dans la mesure où la plus part de ces cas sont exécutés dans des milieux approximatifs des services de sécurité.

« Nous fustigeons une seule chose : avant que se passe la justice populaire, il y a des alertes et paniques partout. Mais chose étonnante, les autorités politico-administratives habitants et riverains du lieu de commission de cette pratique illégale ne réagissent pas en temps réel. Elles disent de laisser une marge de temps pour solliciter l’autorisation auprès de la hiérarchie à fin de faire l’état de lieu. Encore, la plus part  des cas de justice populaire fréquents dans notre milieu sont pratiqués dans un endroit approximatif soit des camps militaires  soit des camps policiers ou des unités de police; » déplore Innocent Mastaki.

En plus, François Kulimushi Magala, acteur de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI) estime que les services de sécurité n’inspirent plus confiance et parfois l’Etat passe outre  ses prérogatives.

« Il y a justice populaire parce qu’il s’observe une parcelle d’irresponsabilité dans le chef de l’Etat, au lieu que ce dernier protège la population et leur biens par une sécurité garantie, l’Etat laisse la population se diriger elle-même avec comme conséquence, même les innocents sont victimes de cette justice populaire, » estime Monsieur François Kulimushi Magala

Signalons que c’est depuis janvier 2020 que plus d’un cas de justice populaire a été enregistré dans la province du Sud-Kivu. Les cas les plus récents sont ceux du quartier Cikera en commune de Bagira sur le pont reliant le Quartier Cikera et le Quartier Lumumba, de Magha et Mudusa dans le territoire de Kabare pour ne citer que cela.

Christian CIZUNGU

Leave a Comment

Your email address will not be published.

In the news
Load More